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Conditions générales de vente : le guide

Les conditions générales de vente, souvent appelées CGV, sont le document qui fixe les règles applicables à une vente : prix, paiement, livraison, garanties et responsabilités. Elles s'appliquent au client qui les a acceptées, et leur contenu dépend largement de la nature de ce client, professionnel ou particulier.

Vérifié le 21 août 2026

Ce que sont les conditions générales de vente

Des conditions générales de vente sont un ensemble de clauses rédigées une fois par le vendeur et appliquées à toutes ses ventes, sans renégociation à chaque commande. Elles forment un cadre unique, ce qui évite de répéter les mêmes règles dans chaque devis.

Le vendeur les rédige seul, puis les propose à ses clients. Le client les accepte en cochant une case, en signant un devis ou en validant une commande. Une fois acceptées, elles font partie du contrat au même titre que le prix ou la quantité commandée.

Il ne faut pas les confondre avec d'autres documents. Les conditions générales d'utilisation encadrent l'usage d'un site ou d'un service en ligne. Les conditions générales d'achat, elles, sont rédigées par l'acheteur. Seules les conditions générales de vente viennent du vendeur.

Le code de commerce prévoit que les conditions générales de vente sont communicables à un acheteur professionnel qui en fait la demande. Les rédiger à l'avance est donc la façon la plus simple de répondre à cette demande, et de conserver une trace de leur contenu dans le temps.

Quelles mentions obligatoires prévoir dans des conditions générales de vente

Il n'existe pas de liste unique de mentions obligatoires pour des conditions générales de vente : le contenu dépend de l'activité, du canal de vente et du type de client. Un prestataire de services, un commerçant en ligne et un artisan n'ont pas les mêmes obligations d'information.

Cinq familles d'informations reviennent presque toujours. L'identité complète du vendeur, avec sa dénomination, son adresse et son numéro d'immatriculation. La description précise du produit ou de la prestation vendue. Le prix, ses éventuels compléments et les modalités de paiement. Les délais et conditions de livraison ou d'exécution. Les garanties, les réclamations et les règles de règlement des litiges.

Quand le client est un particulier, le code de la consommation ajoute des obligations d'information précises. Il prévoit notamment un droit de rétractation de quatorze jours pour de nombreux contrats conclus à distance, dans sa version en vigueur. Ces informations doivent être présentées de façon lisible et compréhensible avant la commande.

D'autres règles s'ajoutent selon le secteur. Les professions réglementées, les activités alimentaires ou les services financiers suivent les prescriptions de leur autorité de tutelle. L'administration chargée de la protection des consommateurs publie des fiches pratiques qui détaillent ces obligations. En cas de doute, mieux vaut vérifier auprès de l'autorité qui encadre l'activité concernée que recopier des conditions trouvées en ligne.

Conditions générales de vente face à un professionnel ou face à un particulier

Deux cadres différents s'appliquent selon la qualité de l'acheteur. Face à un professionnel, la liberté contractuelle domine, sous réserve des règles d'ordre public. Face à un particulier, le code de la consommation protège le client et limite ce que les conditions peuvent imposer.

Entre professionnels, le vendeur organise librement sa relation commerciale. Il reste tenu au respect du code de commerce, qui encadre notamment les délais de paiement et la communication des conditions générales. Les clauses doivent aussi rester proportionnées aux prestations réellement vendues.

Face à un consommateur, la marge est plus étroite. Les clauses abusives sont écartées, le droit de rétractation ne peut pas être supprimé, et les garanties légales s'appliquent en plus de toute garantie commerciale. Une clause contraire au code de la consommation est réputée non écrite, même si le client l'a validée.

Un même vendeur peut donc avoir deux jeux de conditions générales de vente, l'un pour les clients professionnels, l'autre pour les particuliers. Cette distinction doit apparaître clairement sur le site et sur les devis, sans quoi le doute profite en pratique au client.

Rendre ses conditions générales de vente opposables

Des conditions générales de vente deviennent opposables au client lorsqu'elles lui ont été communiquées et qu'il les a acceptées de manière identifiable. La preuve de cette acceptation compte autant que le texte lui-même.

Quelques principes simples suffisent le plus souvent. Communiquer les conditions avant la commande, jamais après. Prévoir un mode d'acceptation traçable, case à cocher, signature ou validation écrite. Dater chaque version pour savoir quel texte s'applique à quelle commande. Conserver les bons de commande et les échanges, qui matérialisent l'accord des parties.

La cohérence avec les autres documents est tout aussi importante. Un devis, une facture ou un bon de livraison qui contredit les conditions crée un flou exploitable en cas de désaccord. Les mentions portées sur une facture, l'identité des parties, le prix et les conditions de règlement, doivent dire la même chose que les conditions générales. Ce point mérite une vérification au moment de la création de l'entreprise, puis à chaque évolution de l'offre.

Anticiper la facturation électronique relève du même travail. Les formats imposés obligent à structurer les données de vente, ce qui suppose des conditions de paiement et des références de produit clairement définies. Un outil de facturation et un compte professionnel adaptés à l'activité simplifient cette mise en cohérence.

Enfin, des conditions générales de vente ne servent à rien si personne ne les applique. Relire les clauses de paiement et de livraison une fois par an évite d'annoncer une pratique que l'entreprise ne suit plus. Un écart systématique entre le texte et les faits affaiblit la position du vendeur le jour où un impayé survient.

Questions fréquentes

Faut-il déposer ses conditions générales de vente auprès d'une administration ?

Non, aucun dépôt officiel n'est exigé en France pour des conditions générales de vente. La seule contrainte durable est de pouvoir prouver leur contenu et l'acceptation du client, et de les communiquer à un acheteur professionnel qui en fait la demande.

Des conditions générales de vente sont-elles obligatoires pour vendre à des professionnels ?

Le code de commerce impose de communiquer ses conditions générales de vente à un acheteur professionnel qui les demande, ce qui suppose de les avoir rédigées. Rien n'interdit de vendre sans document écrit, mais l'absence de conditions générales rend la relation fragile dès qu'un litige survient.

Que se passe-t-il si le client n'a jamais accepté les conditions générales de vente ?

Sans acceptation identifiable, le vendeur ne peut pas s'appuyer sur ses conditions générales pour réclamer une pénalité, un intérêt de retard ou une clause limitative de responsabilité. Seules les règles de droit commun et les mentions du devis ou de la commande continuent de s'appliquer.